(relecture) De l’importance d’une relecture extérieure

En relisant votre livre, vous remarquez une faute. Ou une coquille. Ou bien encore un doublon, un mot trop de fois répété, une tournure de phrase un peu trop bizarre… Vous vous dites « Ouf ! Je l’ai vu. »

 

Combien d’autres en avez-vous laissé passer ?

 

Quand on écrit, on est dans le fond (dans son histoire ou son contenu) et, aussi bon soit-on en français, on est difficilement dans la forme (la technique).

 

Certes, on va choisir son vocabulaire – c’est tout de même la base ! – ainsi que des figures de style ou une ponctuation appropriée. Seulement, les yeux de l’auteur ne seront forcément pas ceux du « pur correcteur », entendons celui qui ne lit que pour corriger. Quand on relit sa propre prose, le cerveau connaît le texte et cherche comment il pourrait l’améliorer, ou bien il s’émeut de se trouver si bon… et il passe à côté des fautes.

 

Je parle en connaissance de cause. En tant que correctrice de français, je pourrais être à l’abri d’avoir affaire à un correcteur. Très sûre de moi, j’ai envoyé une première fois mon texte chez The Book Edition ainsi que sur Kindle d’Amazon en pensant mon texte "parfait". Et là, plusieurs de mes lecteurs m’ont signalé les coquilles, fautes et autres répétitions. Sans parler des incohérences dans le roman. J’avais eu pourtant plusieurs « lecteurs-tests » avant de considérer mon œuvre comme achevée. Mais la plupart des lecteurs, bien que trouvant des erreurs, entrent dans l’histoire et leur cerveau « remet à l’endroit » ce qui est à l’envers.

 

J’ai renvoyé plusieurs fichiers corrigés par mes soins, depuis, et je puis vous assurer qu’il en reste encore car il ne se passe pas une relecture sans que j’en retrouve. Pourtant, me suis-je dit, qu’est-ce que j’ai pu les relire, ces passages ! Mais je vais finir par y arriver...

 

Vous pourriez vous dire que ce n’est pas grave, quelques coquilles, même les livres des grands auteurs édités en ont… D’une part, ils n’en ont pas tant que ça ; d’autre part, il y aura toujours un lecteur qui verra une faute qu’un autre n’aura pas vue et que cela gênera dans sa lecture. On pardonne toujours mieux une coquille à Marc Levy qu’à monsieur Toulemonde, sachant en plus que ce n’est pas Marc Levy qui est responsable : lui il s’est contenté d’écrire et de fournir un texte contenant des fautes (on est tous humains) aux correcteurs de la maison d’édition.

 

C’est sans compter qu’il y a aussi des tournures de français qu’on croit bonnes et qui en réalité ne le sont pas.

 

Un exemple ? « Ils se sont succédé. » Savez-vous que « succédé » ne s’accorde pas ?

 

Un autre exemple ? « Elle s’est cassé la jambe. » Hé non, pas de « e » à « cassé ».

 

Il y a des raisons grammaticales à tout cela, et si vous n’en connaissez pas les règles, difficile de se corriger tout seul.

 

Alors, que faire ?

 

Déjà, entre deux relectures, laissez passer du temps. Vous aurez un peu plus de recul. Si vous ne pouvez vous permettre les services d’une relecture payante, demandez à des amis de relire le livre juste pour l’orthographe et toute incohérence qui leur viendrait. Soyez indulgent, ce ne sont pas des professionnels. Vous vous rendrez responsable de tout le reste (tournures, etc.) et surtout de tout ce qui n’aura pas été vu. Si vous avez le moindre doute sur un accord, recherchez les règles grammaticales qui régissent cet accord. Mais oui, avec de la patience, on peut y arriver !

 

Si vous pouvez vous le permettre, une relecture « extérieure » est en général plus efficace. Vous pouvez aussi demander à des étudiants particulièrement bons en français (meuh si, ça doit exister) de s’en charger moyennant un petit prix par page.

 

Sachez que le prix moyen à la page* d’un correcteur varie entre 1 et 9 euros la page en fonction des correcteurs et de l’approfondissement de la lecture demandé.

 

* Une page comporte en moyenne 1500 signes, soit 300/400 mots.

 

 

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Commentaires : 6
  • #1

    Inès (lundi, 04 février 2013 13:34)

    J'aime bien cette phrase, une attitude que je trouve handicapante d'ailleurs : "le cerveau connaît le texte et cherche comment il pourrait l’améliorer, ou bien il s’émeut de se trouver si bon...."

    C'est un gros avantage d'être professeur de français, perso, je ne les vois pas mes fautes parfois après plusieurs lecture...

    peut-on faire confiance aux « lecteurs-tests » ? question plagiat

  • #2

    Agnès (lundi, 04 février 2013 16:12)

    Tu es prof de français ? On peut se serrer la main, je suis correctrice, c'est pas bien loin. Tu as en plus l'art de l'enseignement.

    Oui, quand on relit son texte, on part avec un handicap en ce qui concerne l'orthographe, qu'on soit bon ou pas. A moins d'arriver à faire une complète abstraction du fond pour se consacrer uniquement à la forme, mais c'est un exercice périlleux.

    Mes lecteurs-tests étaient uniquement des proches, donc oui pour la confiance. Je ne sais pas pour des lecteurs anonymes. Ce peut être tentent effectivement pour quelqu'un de prendre des idées de ton texte... Disons que sur certains sites d'échanges de textes, je pense que chacun a son texte à défendre et a autre chose à faire que plagier.

    En revanche, mes lecteurs-tests n'étant pas des pros en français, ils me donnaient surtout leur avis sur le fond, les incohérences. Chaque lecteur m'a trouvé 2-3 coquilles, ça a fini par paufiner le texte. Et on m'en a encore trouvé une jolie dernièrement, d'ailleurs ! Sur 456 pages, y'a forcément une coquille qui se cache, la vilaine ! Du coup chaque acheteur de mon livre est un lecteur-test en puissance :-)

  • #3

    Inès (lundi, 04 février 2013 23:55)

    Absolument pas prof de français. J'avais cru comprendre que tu l'étais toi même en fait, simple malentendu alors.

    Sinon, j'ai heureusement des proches qui me soutiennent et très hâte à un avis professionnel. Je te remercie pour la réponse.

  • #4

    Agnes (mardi, 05 février 2013 09:26)

    Ah OK, oui, malentendu. Si ça aide ? Heu... en théorie, oui, ne serait-ce que parce que je connais l'orthographe. Après, dans la pratique... (entend : "dans le feu de l'action"), c'est une autre histoire !

    Si tu as des proches qui te lisent et te soutiennent c'est très bien. Attention cependant, les proches trouveront toujours ce que tu écris génial. Parmi eux, préfère l'avis de ceux qui critiquent et argumentent, même si tu apprécie moins ;-P

  • #5

    lefevre (lundi, 02 décembre 2013 13:40)

    Bonjour,

    Est-ce que les espaces en trop, les lettres non collées au guillemet, font partie des coquilles ?
    Merci

  • #6

    Agnès (lundi, 02 décembre 2013 22:54)

    Bonjour,

    Hé bien oui, on peut dire qu'une faute de typographie est une coquille... Pas grave, mais une coquille quand même ;-)

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Je m’appelle Agnès Rabotin. En mars 2012, je publiai mon premier roman en version numérique Kindle sur Amazon. En juillet, la version papier voyait le jour. 

 

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