lun.

05

août

2013

(orthographe) La « nouvelle » orthographe de 1990

Il est possible que le terme « nouvelle orthographe » vous dise quelque chose… mais pas sûr. En effet, quand je commence la relecture du texte des gens que je corrige et que je repère quelques fautes qui n’en sont plus depuis 1990, je leur demande s’ils veulent que j’unifie en nouvelle orthographe ou en orthographe traditionnelle. La première réaction est souvent « Hein !? » Traduction : « Kézako ? »

Hé oui, la langue a bien évolué au cours des siècles et si comme moi vous avez appris à écrire « clef » avec un f, sans doute aurez-vous déjà pris l’habitude de l’écrire « clé » sans vous poser plus de questions. Et dire que je me suis fait rabattre les oreilles pour ne pas oublier qu’événement avait deux accents aigus !

Et pourtant…

 

Observez l’évolution de ce texte de La Fontaine :

 

Édition originale (dix-septième siècle)
Une Grenoüille vid un Bœuf,
Qui luy sembla de belle taille.
Elle qui n’estoit pas grosse en tout
comme un œuf […]

 

Édition de 1802
Une grenouille vit un bœuf 
Qui lui sembla de belle taille. 
Elle, qui n’étoit pas grosse en tout 
comme un œuf […]

 

Orthographe d’aujourd'hui
Une grenouille vit un bœuf 
Qui lui sembla de belle taille. 
Elle, qui n’était pas grosse en tout 
comme un œuf […]

 

Sans doute apprécierez-vous d’avoir une orthographe quelque peu modernisée… n’est-il pas ?

Et pourtant, l’orthographe française reste l’une des plus difficiles au monde. Et l’être humain allant naturellement vers les facilités de la vie, une évolution dans le langage parlé n’empêche pas une évolution de l’écrit. C’est pourquoi l’Académie française et les instances francophones compétentes ont élaboré des rectifications de l’orthographe dans un document paru en 1990.

 

Les principales modifications préconisées étaient :

— la soudure d’un certain nombre de noms composés (portemonnaie, pingpong...) ;

— l’harmonisation du pluriel des noms composés avec celui des noms simples (un perce-neige, des perce-neiges ; un garde-malade, des garde-malades...) ;

— la possibilité de supprimer certains accents circonflexes sur le i et le u (voute, traitre, paraitre, huitre...) ;

— l’accent grave sur le e quand il est précédé d’une autre lettre et suivi d’une syllabe qui comporte un e muet (évènement, cèleri, sècheresse, règlementaire – comme règlement –, règlementation...) ;

— l’application des règles usuelles d’orthographe et d’accord aux mots d’origine étrangère (des imprésarios, un diésel, les médias...) ;

— la rectification de quelques anomalies graphiques (charriot, imbécilité, nénufar, relai...).

 

 

Pour ceux qui se sentiraient perdus, rassurez-vous, tout ceci n’est que recommandations, il n’y a rien d’obligatoire. Ce sont les générations futures qui seront concernées et trouveront ringardes notre ancienne orthographe. Et encore, il faudra plusieurs générations ! À l’école, mon fils au collège apprend encore avec les anciennes règles et l’instituteur de ma fille ne savait rien de tout cela quand nous en avons parlé.

Pour les générations qui ont appris avec les règles du français traditionnel, il y aura forcément des choses qui feront mal aux yeux pendant un certain temps. Hé oui, il va nous manquer, le « i » à ognon,  et cet accent circonflexe du cout de la vie qui va lui aussi à l’économie… sans oublier le chapeau de la cime qui ne tombe plus dans l’abime

 

 

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger et imprimer le fascicule suivant : http://www.orthographe-recommandee.info/enseignement/regles.pdf

 

Pour en savoir ENCORE plus, http://www.nouvelleorthographe.info/

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Commentaires : 3
  • #1

    Roi de Trèfle (mardi, 22 octobre 2013 23:20)

    Chère consœur,

    Je ne jugerai pas de l'opportunité de cette réforme plus ou moins entérinée (à moins qu'elle ne fut enterrée... comme je le croyais), non.

    Non, dis-je ! La raison de mon intervention est celle ci : j'espère simplement que l'on ne vous a pas coupé les oreilles... Euh ! Ce serait tout de même dommage ! Pardonnez-mon outrecuidance, mais quand on rabat un arbuste, on le taille, en quelque sorte. Je pense que l'expression adéquate est « rebattre les oreilles »...
    Une simple coquille peut bien changer le sens d'une phrase, n'est-il pas vrai !
    Oh ! N'en prenez pas ombrage : sans doute aurez-vous l'occasion de me rendre la pareille en parcourant mon blog ou ma page "fcbk"...

    Bien cordialement,
    Jean-Mi


  • #2

    Agnès (mercredi, 23 octobre 2013 14:45)

    Bonjour Jean-mi

    Hé non, personne ne m'a coupé les oreilles ! Encore faudrait-il une raison à cela... Je n'utilise pas moi-même la nouvelle orthographe car elle me déroute trop, mais je sais que cette réforme n'est nullement enterrée, à en juger sur les forums les enseignants (peu nombreux il est vrai) qui veulent la faire appliquer, et si l'on tient compte des nouveaux correcteurs orthographiques qui acceptent les deux orthographes, voire rejettent l'ancienne. Et parmi les gens que je corrige, il y en a bien la moitié qui veulent "simplifier" en nouvelle orthographe.

    Heu... Quel était le propos de votre intervention, rappelez-moi ?

  • #3

    Agnès (mercredi, 23 octobre 2013 14:49)

    Il semblerait Jean-mi que je ne puisse pas accéder à votre site. Pourriez-vous remettre le lien ?

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Je m’appelle Agnès Rabotin. En mars 2012, je publiai mon premier roman en version numérique Kindle sur Amazon. En juillet, la version papier voyait le jour. 

 

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