mer.

27

nov.

2013

(auto-édition) Dernière ligne droite avant publication !

 

Vous avez mis un point final à votre histoire et pensez déjà à l'étape suivante : le mettre en ligne ou bien acheter le magnifique ouvrage que vous allez tenir entre les mains.

 

Hop hop hop ! Pas si vite ! Votre manuscrit est-il parfaitement abouti ? Après l’écriture et… l’écriture et... l'écriture, vous allez en réalité passer à la phase P : le « peaufinage ».

 

Peaufinage rime avec gommage : gommage des fautes et coquilles, incohérences, lourdeurs...

 

 

Peaufinage rime avec lissage : harmonisation des événements, enchaînement des scènes, cohérence du style…

 

Peaufinage rime avec voltage (hum oui, la tension électrique, quoi) : intensité des personnages, force de l’intrigue…

 

Voici les étapes de ce peaufinage.

 

1/ Faire relire votre texte

 

Les gens de votre entourage (amis, famille) ont un rôle crucial à condition d’être honnêtes, quitte à paraître vexants. Ils ne seront pas forcément très objectifs (surtout votre maman), et pourtant ils ne seront utiles que s’ils prennent ce travail à cœur. De votre côté, sachez accepter la critique si elle est constructive (justifiée, donc) et faire parler les gens qui se contenteront de dire qu’ils ont « a-do-ré ». Ah ? Pourquoi ? Qu’as-tu aimé en particulier ? Et que penses-tu de… ? Qu’est-ce que tu as trouvé de moins bien ?

 

Apprenez aussi à décrypter les non-dits. Le temps que mettront les gens à lire le livre ou bien leur première réaction sera cruciale : une personne qui mets six mois à lire le manuscrit et qui vous dit qu’elle a « a-do-ré » est à considérer avec méfiance. De la même manière, une personne qui vous dit de très douces paroles sans montrer grand enthousiasme mais aussi sans aucune critique montrera juste qu’elle est polie et diplomate, qu’elle ne veut pas vous froisser mais qu’elle n’est pas emballée. Essayez d'en savoir plus sans paraître trop insistant. Si elle ne vous donne aucune critique, c’est peut-être tout simplement que ce n’est pas son style de lecture. On ne peut pas non plus plaire à tout le monde… Je ne vous parle pas de celle-ci qui vous assure qu'elle l'a déjà terminé depuis longtemps et que "c'était très bien" avant de changer de conversation.

 

C’est aussi pour cela qu’il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre et faire le tri dans les remarques. Certaines critiques reviennent-elles plus souvent ? Elles seront à prendre avec sérieux. Les autres seront à étudier au cas par cas. Vous saurez immédiatement si ce sont des critiques à étudier ou non, faites confiance à votre instinct.

 

Si vous en avez l’opportunité, faites relire votre livre par des gens plus neutres : vos professeurs, votre libraire, votre médecin (oui-oui, j’ai osé !), des lecteurs sur des forums, des gens qui n’hésiteront pas à vous dire ce qu’ils pensent vraiment et à justifier leurs remarques sans qu’il y ait d’enjeu affectif.

 

 

2/ Relisez efficace

 

Imprimez votre texte pour le relire. C’est important : on laisse beaucoup moins passer de choses sur papier, on a davantage une vue d’ensemble. Et puis on peut plus facilement faire des annotations.

 

Une autre astuce consiste à se relire à haute voix. Écoutez-vous et vous repérerez les lourdeurs dans le style, le vocabulaire trop simpliste ou au contraire les phrases trop longues ou compliquées. Vous aurez aussi une meilleure idée du rythme de vos phrases. Vous vous rendrez très vite compte que l’action demande des phrases plus courtes. À ce propos, gardez à l’esprit : une idée-une phrase.

 

La relecture orthographique sera très importante et comme nous en avons déjà parlé, il est préférable qu’elle soit faite par quelqu’un d’extérieur car comme vous le savez, il est très difficile d’être dans le fond et la forme en même temps : vous connaissez presque vos phrases par cœur et votre cerveau remettra à l’endroit les mots mal orthographiés… à supposer bien sûr que vous connaissiez toutes les règles d’orthographe !

 

 

3/ Faites la chasse à l’inutile

 

Demandez-vous si les scènes ou descriptions que vous lisez sont assez importantes pour rester. Le lecteur s’ennuie très vite devant des descriptions trop longues ou s’il se rend compte que ce qu’il lit n’aboutit à rien. Bien sûr, certaines scènes ou descriptions peuvent être là pour servir l’ambiance, mais ne les multipliez pas sans raison. Les lecteurs d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier, vous savez, ceux qui lisaient Flaubert ; ils veulent de l’action avant tout. Pour la même raison, revoyez le début et la fin de chaque chapitre : le lecteur est-il entraîné dès les premières lignes ? La fin du chapitre laisse-t-elle le lecteur en haleine ?

 

 

4/ Revoyez les dialogues 

 

Trop longs ou trop nombreux, ils plombent le récit. Rendez-les dynamiques et diversifiez leur ponctuation. Alternez entre dialogues avec mise en scène…

 

― Tu sais, commença-t-elle en baissant la voix, mais masquant difficilement son excitation. Il m’arrive un truc de dingue !

 

… et les dialogues simple :

 

― Tu es triste ?

― Heu… non, ma chérie, pourquoi ?

― Contrariée ?

― Non, non, je ne crois pas.

 

Dans ce dernier cas, faites surtout attention à ce que le lecteur comprenne bien qui parle.

Souvent, pour rappeler qui parle et aider le lecteur à « voir la scène », les dialogues simples sont encadrés de mise en scène :

 

― Arrête donc de gigoter ! Tu es prêt ?

Hadrien se força à se tenir droit et immobile, puis me dévisagea.

― Et toi, tu t’es vu ? Je ne t’ai jamais vu aussi nerveux.

― Moi, je ne gigote pas !

― Non, tu ne restes pas en place. Ah ! C’est vraiment différent !

 

Retenez ces deux mots : dynamisme et variété !

 

 

5/ Faites la chasse au vocabulaire inventé

 

On aime bien inventer des mots. Pas forcément consciemment, bien sûr. Ce peut être des verbes auxquels on ajoute « re/ré » alors qu’ils ne sont pas dans le dictionnaire. Ce qui passe bien à l’oral ne passe pas forcément à l’écrit. Attention à la mauvaise retranscription d’un mot. Par exemple « infractus » pour « infarctus », « réouvrir » au lieu de « rouvrir »… On appelle cela des barbarismes. Vérifiez le vocabulaire pour lequel vous avez un doute.

 

Un barbarisme peut être aussi sur une locution (« pallier à une difficulté » au lieu de « pallier une difficulté ») ou une conjugaison (« ils croivent » au lieu de « ils croient »). Utilisez Internet, il y a pas mal de sites qui répertorient les pièges de la langue française.

 

Après, vous pouvez bien sûr inventer des mots si c’est conscient, s’il y a une raison. Par exemple, dans mon tome 2, Dorian est un petit garçon qui aime bien inventer des mots.

 

― Oui, souris-je. Viens plutôt ici, à l’ombritude de la fontaine.

― À l’ombre, me reprit-il.

― Oui, à l’ombre. Ma mère, elle dit que j’invente des mots, et qu’ils sont beaux, les mots que j’invente, dis-je en m’asseyant.

Bien sûr, vous êtes libres d’inventer des mots pour des concepts qui n’existent pas (ex. les « Moldus » chez Harry Potter), ou bien utiliser des mots qui mettent une touche d’humour, comme parler de « bordélite aiguë ». Le tout, c’est d’être très conscient de ce que vous faites.

 

 

Et rappelez-vous que l’auto-édition offre l’avantage d’améliorer son texte à loisir. Vous êtes le sculpteur de votre ouvrage !

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Commentaires : 7
  • #1

    Manihola (lundi, 20 janvier 2014 08:46)

    Bonjour Agnès !

    Un petit mot pour simplement vous dire MERCI !! j'ai découvert votre site via les fiches pratiques sur Thebookedition et je dois vous dire que votre site est vraiment d'une grande aide pour moi.Très bonne continuation, votre livre fera bientôt partie de ma bibliothèque.
    A bientôt !

  • #2

    Agnès (lundi, 20 janvier 2014 09:10)

    Bonjour Manihola et merci pour votre très gentil commentaire !

    Mon blog n'est pas très dynamique en ce moment, j'ai beaucoup de travail et je suis aussi sur la suite de mon premier livre, mais je n'hésiterai pas à répondre à vos questions si vous en avez. Merci pour votre intérêt pour mon livre :-D
    A bientôt !
    Agnès

  • #3

    Minha (lundi, 26 mai 2014 14:15)

    merci pour tous ces précieux conseils et surtout votre générosité pour nous aider les uns les autres !
    je me lance en auto-édition en tremblant je l'avoue !

  • #4

    Agnès Rabotin (lundi, 26 mai 2014 14:32)

    Bonjour Minha,

    Merci pour votre soutien; si vous avez des questions, je me ferai un plaisir d'y répondre. Ne tremblez pas, vous allez enfin faire connaître votre œuvre ;-)

  • #5

    Nathalie Bagadey (jeudi, 28 août 2014 23:02)

    Bonjour Agnès,
    J'ai passé beaucoup de temps sur Internet et notamment ici pour compiler les judicieux conseils d'auteurs autoédités.
    Je me lance aujourd'hui, ainsi qu'une série d'articles qui parlent de cette expérience. Comme je vous cite dans mes sources, j'ai pensé que cela vous intéresserait de savoir combien vous m'avez aidée.
    Merci encore.
    (http://www.nathaliebagadey.fr/mon-aventure-dans-l-autoedition-2-qu-est-ce-que-c-est-l-autoedition-a109173886 )

  • #6

    Agnès (vendredi, 29 août 2014 00:00)

    Bonjour Nathalie,

    Un grand merci pour votre intérêt et pour me citer dans vos sources. C'est toujours un plaisir de savoir qu'on peut rendre service sur ce sujet qui nous passionne, bravo à vous de vous lancer. J'envisage de mettre quelques liens vers des sites partenaires, je pourrais commencer par mettre le vôtre :-)

  • #7

    Patricia (dimanche, 04 janvier 2015 00:28)

    Bonsoir Agnès,

    Je réitère la requête que je viens de déposer sur votre blog. Comme je l'ai déjà dis, je tiens à vous féliciter pour ce que vous faites et vous remercier de mettre vos connaissances au services des autres. Néanmoins, après avoir lu vos conseils, j'ai vite compris que j'aurais besoin de votre aide pour ma première publication. J'ai donc pris à la lettre le dernier paragraphe de la présentation de votre Blog. :

    " Auteure auto-publiée, je vous propose des articles qui vont vous permettre de mettre en page votre propre ouvrage dans le domaine de l’auto-édition pour qu’ensemble, pas à pas, nous progressions jusqu’à faire connaître nos écrits au grand public"

    Je vous remercie pour tout et je compte sur votre aide.

    Tous mes Vœux de Bonheur et de Réussite en cette nouvelle année 2015.

    Patricia

Apprenons à être notre propre éditeur

Bienvenue sur Je me publie, journal consacré à l’auto-publication sous toutes ses formes.

 

Je m’appelle Agnès Rabotin. En mars 2012, je publiai mon premier roman en version numérique Kindle sur Amazon. En juillet, la version papier voyait le jour. 

 

Correctrice-relectrice de métier depuis plus de

20 ans, auteure auto-publiée, je vous propose des articles qui vont vous permettre de mettre en page votre propre ouvrage dans le domaine de l’auto-édition pour qu’ensemble, pas à pas, nous progressions jusqu’à faire connaître nos écrits au grand public.

 

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