jeu.

30

janv.

2014

(mise en page) Un peu d'esthétique...

Qu’y a-t-il de plus engageant qu’un texte bien écrit ? Un texte bien écrit et joliment mis en page. Nous parlons donc essentiellement ici du livre papier, celui que vos lecteurs vont prendre entre les mains et feuilleter, puisque le livre numérique a besoin de moins d’attention sur le sujet.

 

Et c’est une lacune que l’on retrouve assez fréquemment chez les auteurs auto-édités qui, s’ils ont passé beaucoup de temps à s’occuper de leur maquette, ont souvent, j'ai pu le constater dans ceux que j'ai pu avoir entre les mains, fait l’impasse sur l’esthétique ; en général parce qu’ils ne savaient tout simplement pas ce qu’ils pouvaient faire de plus. Pour vous éclairer, voyons donc une liste non exhaustive des petites choses qui font qu’un livre peut (presque) toujours être amélioré.

* Une marge trop étroite de chaque côté du texte qui force souvent à ouvrir le livre bien à plat pour lire le texte qui se trouve en son milieu.

* Dans le même ordre d’idée, pas de reliure. La reliure, c’est une petite marge qu’on ajoute uniquement dans la partie centrale du livre. Nous verrons comment s’y prendre dans la suite de l’article.

* Des pages blanches ou des pages de titres numérotées.

* Des « veuves et/ou orphelines ». Mais qu’est-ce que c’est que ça ? En typographie, une ligne veuve, c’est la dernière ligne d'un paragraphe qui apparaît isolée en haut d’une page ; une orpheline, c’ est la première ligne d'un paragraphe qui apparaît isolée en bas d'une page. A part bien sûr dans un texte en vers ou dans du dialogue, on essaie généralement d’éviter ces petits bouts de phrases qui se promènent tous seuls.

* Dans le même ordre d’idée, un paragraphe qui termine sur un seul petit mot ou, pire, sur un demi-mot, accroche le regard et du coup ne rend pas la lecture fluide.

* Comme nous l’avons déjà vu dans un précédent article de mise en page, il est important de commencer ses chapitres sur une page impaire, c’est-à-dire sur la page de droite, quitte à laisser une page blanche à gauche.

 

Voilà, comme je le disais, cette liste n’est pas exhaustive, il y a encore certainement d’autres façons de rendre votre livre agréable à l’œil, et si vous avez des idées, partagez-les en commentaire !

 

Il y a aussi les petits trucs de chacun. Par exemple, moi, j’aime bien que chaque page de mon livre se termine par un point. C’est-à-dire par une fin de paragraphe, ou une phrase de dialogue, par exemple. Mieux, encore ! Que cette dernière phrase soit intrigante. Que le lecteur doive changer de page (que ce soit en levant les yeux sur la page suivante ou bien en tournant la page) pour pouvoir enfin souffler l’air qu’il a inconsciemment gardé dans ses poumons à cause de votre intrigue si bien menée. Alors bien sûr, ce n’est pas possible sur toutes les pages, surtout quand il y a de grands paragraphes, mais certaines astuces permettent de multiplier les possibilités de le faire. Je vous en parle plus bas (moi aussi, j’aime bien ménager le suspense…).

 

Je vais donc reprendre ces petites choses une par une. Je rappelle que mes explications se rapportent à l’outil Word, mais je suppose que vous trouverez le rapprochement sur votre traitement de texte s’il est autre. Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

 

La marge

 

 

Dans l’onglet « mise en page », cliquez à nouveau sur « mise en page ». Dans l’onglet « marge », sélectionnez des marges de chaque côté de 2 cm.

 

Laissez « 0 » dans la partie reliure, ce n’est pas ici qu’il faut la mettre, sinon elle sera à gauche sur toutes vos pages. 

 

 

 

La reliure

 

 

Si vous décidez de mettre une reliure, une marge de 0,5 suffira. Rajouterez 0,5 dans la partie "intérieur" (« mise en page » → « marge » → « afficher plusieurs pages », sélectionner : « Afficher plusieurs pages en vis-à-vis »)

 

Normalement, vous devez avoir la marge plus importante à gauche sur toutes les pages impaires et inversement.

 

 

La (non-)pagination des pages blanches

 

 

On ne numérote pas les pages blanches. De la même manière, on évite de numéroter la dernière page de chaque chapitre. Voyez l'exemple de mon livre qui correspond aux pages 301 à gauche et 302 à droite : celle de gauche termine sur une page impaire, donc on met une page blanche sur la page suivante pour redémarrer un nouveau chapitre sur une nouvelle page impaire.

 

Et comment fait-on ça ? Revoyez l’article (mise en page) Faire la pagination de son livre comme un «pro»

 

 

 

Les veuves/orphelines et les petits mots orphelins

 

Pour éviter qu’une ligne se retrouve en haut ou en bas d’une page, il suffit de cocher une case dans la partie « paragraphe » → « Enchaînements » → « Éviter veuves et orphelines ». Votre traitement de texte fera le nécessaire. (L'image à gauche correspond à l'explication ci-dessous.)

 

 

Pour le petit mot qui traîne tout seul en fin de paragraphe, la solution est la suivante. Sélectionnez le paragraphe en entier. Cliquez sur « Police » → « Espacement des caractères » et, dans la case « Espacement », descendez (pour resserrer le texte) ou montez (pour étirer le texte) de 1 point. Attention à ne pas dépasser 2 points dans un sens ou dans l’autre, sinon ça se verra sur votre texte. Faites des expériences. C’est plus facile d’agir sur les grands paragraphes que sur les petits. Je me sers de ce procédé pour la mise en page complète de mon livre. Le fait de jouer avec les étirements me permet de limiter les pages blanches en faisant par exemple remonter les 2-3 dernières lignes d’un paragraphe qui débordait sur la page suivante, ou alors de faire terminer la plupart des pages de mon livre par un point.

 

 

Le bas de page

 

 

Je fais toujours attention, à faire terminer, chaque fois que c’est possible, les pages de mon livre par un point.

 

La technique expliquée ci-dessus permet de jouer avec son texte pour faire ce genre de "fantaisie".

 

 

Le début de chapitre

 

 

Vous remarquerez qu’il est beaucoup plus agréable de commencer un chapitre sur la page de droite. La page de droite, c’est, un peu comme dans nos cahiers d’écoliers, la nouvelle page propre. Hé bien si vous y prêtez attention, cette page est toujours impaire. Si elle ne l’est pas, c’est qu’il y a un soucis… Donc, si vous mettez chaque chapitre sur la page de droite, cela signifie que la page de gauche soit termine un chapitre, soit est blanche. Si vous avez 2-3 lignes sur votre fin de chapitre, je vous recommande d’utiliser la technique expliquée ci-dessus pour resserrer certains paragraphes de votre texte pour gagner des lignes et faire de votre dernière page de chapitre une page blanche. De la même manière, si votre chapitre se termine avec 2-3 lignes sur une page impaire (une page qui pourrait être celle d’un nouveau chapitre), regardez si vous avez la possibilité de faire remonter ce texte pour éviter de devoir rajouter une page blanche pour repartir à nouveau à droite. À condition bien sûr de ne pas sacrifier l’esthétique du livre, plus on gagne de pages, moins le livre est cher ! 

 

Attention, quand vous mettez deux pages en vis-à-vis sous word, vous aurez la page impaire à gauche. N'en tenez pas compte. Dans votre livre, la page impaire sera à droite.

Amusez-vous à créer votre livre comme vous feriez une belle peinture. En feuilletant votre livre, le lecteur aura le regard d'autant plus attiré que le livre est aéré, cohérent, et que tout aura été pensé dans le sens de l'esthétique. Si vous avez des questions ou d’autres idées, intervenez dans les commentaires ! Bonnes révisions ;-)

 

 

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Commentaires : 5
  • #1

    Pierre Bougie (mardi, 11 février 2014 17:19)

    Ça c'est le coup de pouce que plusieurs d'entre nous a besoin pour paufiner son chef-d'oeuvre!

    Merci Agnès! :)

  • #2

    lg (vendredi, 01 mai 2015 17:48)

    Merci pour toutes ces informations :)

  • #3

    Agnès (vendredi, 01 mai 2015 18:09)

    Avec plaisir :-)

  • #4

    Philippe BIORD (dimanche, 17 juillet 2016 14:09)

    Merci pour toutes ces explications très claires, je vais peut-être enfin réussir à publier sur créatespace !

  • #5

    Agnès (lundi, 18 juillet 2016 11:05)

    Avec plaisir :-)

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Je m’appelle Agnès Rabotin. En mars 2012, je publiai mon premier roman en version numérique Kindle sur Amazon. En juillet, la version papier voyait le jour. 

 

Correctrice-relectrice de métier depuis plus de

20 ans, auteure auto-publiée, je vous propose des articles qui vont vous permettre de mettre en page votre propre ouvrage dans le domaine de l’auto-édition pour qu’ensemble, pas à pas, nous progressions jusqu’à faire connaître nos écrits au grand public.

 

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