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mars

2014

(typographie) Accentuer les majuscules, n'est-ce pas ridicule ?

Tout d’abord, un peu de typographie. Une Majuscule, c’est la première lettre d’une phrase ou d’un nom propre ; c’est donc une lettre initiale. Elle diffère par sa taille, et a le plus souvent aussi une forme un peu différente des lettre minuscules, que l’on appelle aussi des« bas-de-casse ». Les CAPITALES sont en fait des majuscules utilisées pour former des mots entiers (comme… ENTIERS) ou des sigles (comme PIB, OTAN…). On peut distinguer les GRANDES CAPITALES (que l’on appelle juste « capitales ») des PETITES CAPITALES. Parfois une CAPITALE est la majuscule d’un mot en PETITES CAPITALES, comme ça : PETITES CAPITALES.

 

Bien, la leçon de choses étant faite, passons à la question qui nous turlupine. Doit-on accentuer les majuscules/capitales ?

Observez la phrase suivante :

 

C’EST UN JOUR DE MARCHE, LE BEURRE SALE EST LIQUIDE

 

Avez-vous bien compris que :

 

C’EST UN JOUR DE MARCHÉ, LE BEURRE SALÉ EST LIQUIDÉ

 

?

 

 

Certaines personnes qui ont été à l’école à une époque où on décortiquait beaucoup plus les règles que maintenant ont été habituées à des majuscules non accentuées. Chose étrange, n’est-ce pas ? quand on sait qu’il n’a jamais été imposé nulle part de ne pas le faire. La typographie française a toujours employé les capitales accentuées et la cédille.

Pour exemple, l’image de gauche (vous pouvez agrandir en cliquant dessus). Elle représente un ouvrage qui date de… de… allez, je vous aide si les chiffres romains ne sont pas votre fort : de 1694 ! Convaincus ? Ah oui, vous avez bien vu : pas d’accents en bas de la couverture sur « A PARIS » et sur « PRIVILEGE ». Vous êtes très perspicaces ! Hé hé… L’accent grave n’a fait sa première apparition dans le Dictionnaire de l’Académie qu’en 1762. Ceci explique donc cela… 

 

Pour l’écriture d’imprimerie, donc, l’Académie française, « Le bon usage » de Grevisse et Goosse, les dictionnaires de langue française (Le Petit Robert, Le Littré et Le Petit Larousse) et les typographes reconnus vous feront savoir qu’orthographiquement, l’accent est obligatoire sur les capitales (qu’on appelle couramment « majuscules accentuées »). Voilà qui est une réponse claire à la question.

Qu’est-ce qui a donc fait courir la rumeur ? Tout d’abord, les premières machines à imprimer venaient des pays anglo-saxons, qui, eux, n’ont pas ces questions existentielles puisqu’ils n’ont pas d’accents. Ensuite, les fins accents de plombs étaient fragiles et se cassaient facilement. Et puis certes, quand on écrit à la main – en écriture dite « cursive », donc –, on n’accentue pas les majuscules, à raison, ce qui n’aide en rien à en prendre l’habitude.

 

Avec les traitements de texte modernes, plus d’excuses : on accentue. Et si comme moi vous avez un traitement de texte qui ne connaît certaines capitales accentuées, je vous donne un petit bonus : une liste de raccourcis qui va vite vous devenir IN-DIS-PEN-SA-BLE ! Depuis que j’ai cette liste, je m’en sers tous les jours, notamment pour le À et le È qui ne se mettent pas automatiquement. Et tout simplement, je m’en sers directement pour les autres capitales accentuées parce que c’est facile quand on connaît les codes basiques par cœur.

 

Vous avez besoin de la touche Alt et des chiffres suivant :

 

0140 pour Œ

0192 pour À

0194 pour Â

0198 pour Æ

0199 pour Ç

0200 pour È

0201 pour Ê

0203 pour Ë

0206 pour Î

0207 pour Ï

Pour le Ô, il suffit de mettre l’accent et la majuscule juste après.

Pour le Ù, je n’ai pas de code et pas une solution très pratique : Ctrl-Alt-touche 7 (il y a un accent grave à droite, enfin sur mon clavier) puis la majuscule U.

Sachez que ces codes fonctionnent sur tous types de traitement de texte, je m’en sers même dans ma messagerie !

 

Ne me dites pas que ça vous embête de faire cet effort-là. C’est une question de conscience professionnelle et de respect de la langue française. Et qui respecte la langue française respecte son lecteur. Alors… Encore des excuses pour ne pas accentuer vos majuscules ?

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Commentaires : 10
  • #1

    Labonne (lundi, 24 mars 2014 17:11)

    Agnés,
    Comment peut-on avoir des critiques de professionnels avant la sortie officielle de son livre.?Perso je trouve que c'est vendeur.Merci de votre aide.
    L.M

  • #2

    Agnès (lundi, 24 mars 2014 22:09)

    Bonjour LM,

    Excellente question. Je vais me pencher sur le sujet et j'y réponds dès que possible.

    À bientôt,
    Agnès

  • #3

    Agnès (jeudi, 27 mars 2014 11:48)

    Je reviens vers vous avec quelques propositions. Je ne ferai pas encore aujourd'hui d'article spécifique sur le sujet n'ayant pas encore testé moi-même ce que je vais vous proposer, et je ne fais d'article que sur ce que je maîtrise à peu près. Pour répondre à votre question, vous avez la possibilité d'avoir des articles de professionnels en envoyant votre ouvrage à des journalistes des radios et journaux locaux en charge des rubriques littéraires et de leur envoyez un exemplaire. Si dans votre entourage vous avez un ami d'un ami qui connaît un journaliste, alors c'est le moment de jouer sur ses relations pour obtenir de la personne la plus proche du journaliste un petit mot de recommandation. À défaut de relations dans la presse, envoyez d'abord un communiqué (une sorte de fiche de votre livre soigneusement mise en page avec résumé, extraits, photos d'illustration...) et préparez-vous à envoyer votre exemplaire au moindre signe d'intérêt. Dans le cas où le journaliste lit votre livre et vous répond tout de même par la négative, exploitez tout de même ce qui peut vous permettre d'enrichir la présentation de votre livre. Par exemple, s'il dit quelque chose du genre "Des personnages attachants et atypiques, une histoire bien ficelée", servez-vous-en. Sans déformer, sans inventer. Quand j'aurai fait ce que je vous propose, je ferai un article sur le sujet plus détaillé. De votre côté, n'hésitez pas à me faire part de votre expérience quand vous vous serez lancé ;-)

  • #4

    Manikola (vendredi, 11 avril 2014 13:50)

    Ah, merci !!

    J'en étais bien restée à mes règles "débiles" imposées en écriture cursive... Merci pour ces raccourcis, ça va considérablement m'aider !

  • #5

    Agnès (vendredi, 11 avril 2014 18:12)

    Avec plaisir ;-)

  • #6

    Hervé (jeudi, 18 septembre 2014 14:58)

    Bonjour,

    Conseils utiles, mais simplifiables je crois :

    - Pour mettre un accent grave ou aigu, il suffit d'aller le chercher sur son clavier avec la touche ALT GR, puis en tapant la lettre. C'est un peu plus facile qu'avec CTRL-ALT. Sur un clavier belge, ces accents sont à côté de la touche ENTRÉE.

    - Pour les circonflexes et les trémas, on fait comme pour les minuscules : d'abord le diacritique, puis la lettre.

    - Il ne reste donc plus qu'à apprendre trois codes (pour lesquels un grand merci !) afin de taper les Ç, Œ et Æ, au demeurant nettement moins courants.

    Bien à vous.

  • #7

    Agnès (jeudi, 18 septembre 2014 15:31)

    Merci Hervé pour ces précisions. Je viens de faire des essais, et après tâtonnements, ça marche pour l'accent grave.Donc pour un È, par exemple, il faut appuyer simultanément sur "Alt Gr" et sur l'accent qui se trouve sur mon clavier à droite du "è" (touche 7) puis je lâche et j'appuie sur Maj+E. Par contre, comment faire pour l'accent aigu ? Je ne l'ai pas sur mon clavier...

  • #8

    Hervé (jeudi, 18 septembre 2014 15:52)

    Vous avez raison, et je l'apprends : les claviers français n'ont pas l'accent aigu ! Cf. article "AZERTY" sur Wikipedia :

    "Les dispositions azerty belges possèdent quelques caractères supplémentaires, comme le chiffre trois en exposant, « ³ », ainsi qu’une touche morte supplémentaire, l'accent aigu, qui donne accès aux caractères « ´ áÁ éÉ íÍ óÓ úÚ ýÝ » car l'accent aigu est utilisé en néerlandais pour expliciter l'accent tonique dans certains mots homographes."

    Un détail à ranger parmi nos petites variantes culturelles !

  • #9

    Agnès (jeudi, 18 septembre 2014 15:59)

    Alors les Français devront se contenter de petites astuces en attendant qu'on invente un clavier gaulois ... Merci pour votre intervention Hervé ;-)

  • #10

    Patricia (dimanche, 04 janvier 2015 00:01)

    Bonsoir Agnès,

    Je réitère la requête que je viens de déposer sur votre blog. Comme je l'ai déjà dis, je tiens à vous féliciter pour ce que vous faites et vous remercier de mettre vos connaissances au service des autres. Néanmoins, après avoir lu vos conseils, j'ai vite compris que j'aurais besoin de votre aide pour ma première publication. J'ai donc pris à la lettre le dernier paragraphe de la présentation de votre Blog. :

    " Auteure auto-publiée, je vous propose des articles qui vont vous permettre de mettre en page votre propre ouvrage dans le domaine de l’auto-édition pour qu’ensemble, pas à pas, nous progressions jusqu’à faire connaître nos écrits au grand public"

    Je vous remercie pour tout et je compte sur votre aide.

    Tous mes Vœux de Bonheur et de Réussite en cette nouvelle année 2015.

    Patricia

Apprenons à être notre propre éditeur

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Je m’appelle Agnès Rabotin. En mars 2012, je publiai mon premier roman en version numérique Kindle sur Amazon. En juillet, la version papier voyait le jour. 

 

Correctrice-relectrice de métier depuis plus de

20 ans, auteure auto-publiée, je vous propose des articles qui vont vous permettre de mettre en page votre propre ouvrage dans le domaine de l’auto-édition pour qu’ensemble, pas à pas, nous progressions jusqu’à faire connaître nos écrits au grand public.

 

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